Monday, October 15, 2012

Android est-il le nouveau PC compatible IBM ?



Ci-dessus une carte donnant la date à laquelle, pour la première fois, pays par pays, les recherches web concernant Android ont dépassé celles concernant iPad et iPhones. Se reporter à la colonne de gauche pour la légende. En gris les pays pour lesquels ce n'est pas encore arrivé.
En blanc ceux pour lesquels je ne disposais pas de données suffisantes (environ 2% de la population mondiale).

Pour info, j'ai fabriqué cette carte avec The GIMP à partir de graphes Google Trends comparant le nombre des recherches web contenant les noms des différents téléphones Android, iPhone et iPad. Le fond de carte vient de www.histgeo.ac-aix-marseille.fr. Les démographies que je compare ci-dessous sont issues du CIA Fact Book.

En premier lieu, quelques faits :
  1. La tendance est mondiale. Elle n'est pas encore achevée mais bel et bien présente partout : les recherches concernant Android dépassent celles concernant les smartphones Apple, montrant un intérêt supérieur pour les produits à base d'OS Google.
  2. La date à laquelle la "tendance Google" dépasse la "tendance Apple" est un critère intéressant à positionner sur une carte mondiale. En effet, elle met en valeur des motifs clairement identifiables.
  3. En termes de masses de populations et donc en termes de marchés potentiels, cela n'a rien d'insignifiant, comme le prouve le compte démographique ci-dessous.
Compte démographique :
  • early adopters d'Android (jaunes et rouges) : 22.4%
  • happy followers (verts) : 11.1%
  • followers (bleus) : 27.2%
  • laggards (gris) : 37.2%
  • no data (blanc) : 2.1%
 J'identifie les tendances suivantes :
  • Les pays en bonne voie de développement sont les premiers à adopter. Voyez : Europe Centrale, Inde et Indonésie, Amérique du Sud.
  • Puis viennent les autres pays en voie de développement, notamment Afrique et pays d'ancienne URSS.
  • Les pays développés sont les retardataires. Voyez : Europe de l'Ouest, États-Unis, Afrique du Sud, Japon, Australie.
Avec toutefois des exceptions notables :
  • Pourquoi l'Allemagne et l'Autriche sont-elles parmi les early adopters ? Je propose la véritable réussite allemande actuelle qui consiste à utiliser à plein profit la proximité avec l'Europe Centrale. Ainsi, les échanges sont tels que les préoccupations sont communes.
  • Même chose pour la France et ses partenaires commerciaux majeurs, anciennes colonies, que sont le Maroc, l'Algérie et la Tunisie.
  • Même chose pour l'Espagne et le Portugal, qui ont des préoccupations communes avec leurs rejetons géants d'Amérique du Sud.
  • Reste à comprendre la zone Chine, Birmanie, Thaïlande, Cambodge, Laos, Vietnam. Je n'ai pas les connaissances nécessaires pour faire des hypothèses sur cette zone. Les tenants et les aboutissants de cet étonnant retard de la Chine mériteraient un article à eux seuls.
En partant du principe que trois des atouts d'Android sont :
Je déduis les éléments suivants :
  • qu'il y a un réel marché de masse à prendre par Google,
  • que les pays en développement ont tout intérêt à appuyer un fabricant qui autorise la réutilisation, l'adaptation, la compétition et l'amélioration, plutôt que d'adopter les plateformes fermées d'Apple (pensez à la libération du compatible IBM en 1981),
  • que la diversité des acteurs et le nombre de têtes pensantes dans ces pays vont bientôt faire d'Android un écosystème plus varié et plus utile qu'iOS, que Windows sur PC, voire que tout ce que nous avons connu jusque-là (là aussi, pensez essor du PC),
  • que le gain direct lié à la fabrication et la commercialisation de cet écosystème, ajouté au gain indirect lié à l'utilisation de ce meilleur écosystème, vont largement influer sur l'économie des pays early adopters et que les meilleurs de ceux-ci vont rattraper ou dépasser les pays occidentaux en termes d'avance technologique (là encore, pensez essor du PC),
  • que l'Europe Centrale est certainement le meilleur endroit pour investir à l'heure actuelle. early adopters + coûts assez bas + démocraties stables + historique et culture managériale connue + disponibilité de nombreux managers de l'ouest expérimentés à l'est + infrastructures européennes + proximité des marchés ouest-européens + proximité de la Turquie pour des coûts de main-d'œuvre plus bas si nécessaire.